accueil
actualités
conseil de paris
municipales 2008
contact

Quelle ville souhaitons nous léguer aux générations futures ?

googlefacebookwikio

Mardi 8 juillet, le Conseil de Paris était appelé à examiner la délibération DU 142 relative au renouvellement du paysage urbain dans Paris.

Ce projet s'articule autour de deux axes principaux : le déplafonnement des hauteurs réglementaires (de 37 à 50 mètres ) pour permettre la construction de logements sociaux à la périphérie de Paris, et la mise en place de sept sites faisant l’objet d’aménagements intégrant des tours de 150 mètres et plus, destinés à accueillir du logement mais aussi des activités économiques et des bureaux. Il s'agit des emplacements suivants : Masséna-Bruneseau (13e)- Bercy-Charenton (12e) - Porte de la Chapelle (18e) - Porte de Montreuil (20e)-Porte de Versailles (15e) - Clichy-Batignolles (17e).

A mon sens, ce débat sur les tours ne doit pas masquer la seule question qui vaille : Quelle ville souhaitons nous léguer à nos enfants ?

Une Ville en compétition économique et sociale avec les autres grandes capitales mondiales ? Une ville-capitale qui comptera sur la carte d'un monde de 8 milliards d'hommes ? Ou bien plutôt une ville enfermée derrière son périphérique – et ses frontières héritées du Baron Haussmann au 19e siècle -  frileuse avec un taux de chômage supérieur à la moyenne nationale (Paris a perdu en quinze ans plus de 270.000 emplois) et plus de 15% de demandeurs de logements sociaux en l'espace de sept ans (première mandature de Bertrand Delanoë) ? Ou encore une « ville-musée », mise sous cloche au grand bonheur d'une population « néo-bourgeoise », incapable de s'inscrire dans de nouvelles perspectives de « mieux vivre » ensemble et durablement en milieu urbain en combinant modernité et patrimoine architectural et culturel ?

A vrai dire, les tours ne sont qu'un des éléments du renouvellement du paysage urbain. Il ne s’agit pas de s’opposer aux tours en elles-mêmes. Il s'agit de donner à Paris un développement économique et environnemental nécessaire à une capitale moderne. 

Ce qu'il faut à coup sûr éviter c'est de reproduire les erreurs commises dans les années 60-70. Il y a sur ce point un constat global d’échec incontesté des deux côtés de l'échiquier politique !

Paris compte à ce jour 75 tours, dont 40% sont consacrées à l'habitation. Elles seront condamnées à disparaître, tout comme ces logements hauts à vocation sociale qui sont détruits en masse à Meaux encore récemment, aux abords des grandes agglomérations, Lyon, Marseille, Lille, ... 

En ce sens, le projet de la Municipalité socialiste d'offrir du logement social dans des tours de 50 mètres constitue une grave erreur d'appréciation. Il n’y a en effet aucune raison pour que les mêmes « cages à lapin » ne produisent pas les mêmes conséquences sociales négatives.  Les habitants de la Capitale n’ont eu d’ailleurs de cesse d’affirmer leur réticence au principe du déplafonnement. (Cf : Sondage CSA de novembre 2007 : 63% des Parisiens interrogés se sont prononcé contre les tours d'habitation).

En revanche, avec Jean-François LAMOUR, Président du Groupe UMPPA, je suis  favorable à ce que les tours soient entièrement dédiées à l’activité économique et aux grands équipements dans un cadre bien défini et non isolé.  Il n'existe pas dans Paris d'urbanisme des tours, comme on peut le voir dans les villes d'Amérique du Nord. Les tours parisiennes ont le plus souvent été édifiées de manière isolée. La révolution urbaine parisienne est donc à inventer.

Cette révolution, que nous appelons de nos voeux, doit s'inscrire à l'échelle de Paris métropole et du Grand Paris, initié en début d'année par le Président de la République. Il faut associer les communes limitrophes à nos réflexions, sans quoi la hauteur entraînera, pour reprendre l’image de certains, une fortification de Paris intra-muros.

Le projet présidentiel du Grand Paris élargit la réflexion en lui donnant une dimension intercommunale et en proposant une vision lointaine à 20 ou 30 ans de l’avenir de Paris. Il envisage non seulement la croissance du bassin parisien, mais aussi des réponses aux besoins d’échanges avec chaque partie du territoire national et avec les pays étrangers.

Mode de gouvernance efficace, le Grand Paris apparaît dès lors comme l’échelon le plus pertinent de réflexion sur l’évolution du paysage urbain.

Ne nous y trompons pas : en faisant des tours, dès le début de son deuxième mandat et dans la précipitation, l'alpha et l'oméga de l'évolution urbaine de Paris, Bertrand Delanoë cherche à apparaître comme un bâtisseur face au Président de la République. Une image particulièrement opportune à véhiculer à quelques mois du Congrès du Parti socialiste où il entend s'imposer comme une alternative crédible à Nicolas Sarkozy.  

A aucun moment, Bertrand Delanoë n'a répondu sur le rôle que doit jouer notre ville dans le cadre du Grand Paris. Il présente un projet sans cohérence économique et environnementale, qui ne répond ni aux attentes, ni aux besoins et ni aux enjeux d'une ville comme Paris.

C'est la raison pour laquelle je n'ai pas voté favorablement cette délibération.


accueil | actualités | conseil de paris | municipales 2008 | contact | infos légales | crédit photos